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MOT DU 

PRÉSIDENT / TRÉSORIER / FONDATEUR

MICHEL PATT

 

POURQUOI IL FAUT RELANCER L'AGRICULTURE AFRICAINE ?

La thématique agricole, élevage et piscicole, semble avoir fait son retour dans les agendas des décideurs politiques et économiques en Afrique et dans le monde. Au regard de l'énorme potentiel du continent en la matière, il est capital et urgent pour tous que les divers enjeux soient identifiés.

 

L'Afrique, un continent à gros potentiel

Plus de la moitié des terres arables mondiales se trouvent en Afrique. Le continent est également doté d'un potentiel hydraulique largement inexploité, d'une main-d'œuvre bon marché et enfin d'un marché dynamique tiré par la croissance démographique. Malgré ces excellents atouts qui font d'elle le futur grenier du monde, l'Afrique reste encore aujourd'hui le seul continent importateur net de denrées alimentaires. Elle ne parvient toujours pas à assurer sa sécurité alimentaire, et encore moins sa souveraineté alimentaire. Et pourtant, dans un contexte mondial d'épuisement des ressources, caractérisé par une offre alimentaire mondiale largement inférieure à la demande, il y a urgence. Le secteur agricole et agroalimentaire en Afrique doit absolument être réformé de manière structurelle, afin de générer une croissance inclusive et durable pour tous. Outre la sécurité alimentaire, les défis sont ceux de l'emploi des jeunes, de l'autonomisation des femmes, de la lutte contre la pauvreté, de l'industrialisation du secteur…

 

Le financement du secteur, une urgence absolue

Le secteur bancaire hésite encore à accorder des crédits aux entrepreneurs sur l'ensemble de la chaîne de valeur agricole, estimant que l'investissement dans ce domaine reste risqué. D'où la nécessité de réfléchir à des mécanismes de financement et de garantie innovants pour une réelle impulsion de l'investissement sectoriel. Les choses n'ont pas toujours été ainsi : avant les fameux plans d'ajustement structurels auxquels ont été soumis de nombreux États dans les années 90, le secteur était largement encadré et subventionné par des structures étatiques. Le désengagement des divers États s'est fait de manière non structurée, ce qui a fortement entravé les efforts de la paysannerie et du secteur privé, encore aujourd'hui confrontés à d'énormes difficultés de financement.

À cela, il faudrait ajouter le non-respect des engagements pris par les États africains lors des accords de Maputo en 2003 et portant sur un meilleur financement du secteur à hauteur de 10 % des budgets nationaux. Plus de 10 ans après, cette mesure n'est toujours pas respectée par le plus grand nombre. Il est donc plus qu'urgent et impératif d'œuvrer pour l'adoption de nouveaux mécanismes de financement afin de réellement aller vers une émergence du secteur.

 

La nécessité d'opérer des réformes foncières

La terre reste également un enjeu clé. Au-delà même du phénomène d'accaparement des terres que l'on observe çà et là en Afrique, nous constatons également amèrement que les femmes, responsables de la production alimentaire locale à hauteur de 80 %, n'ont pas accès au foncier. Quinze pour cent seulement environ sont réellement propriétaires de leurs terres, ce qui reste un obstacle majeur pour l'accès au crédit et par conséquent au développement de leurs activités sur l'ensemble de la chaîne de valeur agricole. Des réformes foncières sont en cours dans certains pays, espérons qu'elles puissent aboutir assez rapidement.

 

Infrastructures et image à construire, politique agricole concertée à mettre en place

Le manque crucial d'infrastructures est à l'origine d'un taux élevé de pertes post-récoltes, qui peut aller de 40 à 70 % selon les pays. Une réalité connue de tous et nécessitant une action commune et efficace dans le cadre de partenariats public-privé.

La valorisation de l'image du secteur agricole et agroalimentaire est capitale pour une implication massive des jeunes notamment. De nombreuses initiatives sont développées par des jeunes sur l'ensemble de la chaîne de valeur : sensibilisation, formation, distribution, partage de l'information, recherche de financement via le crowdfunding. L'engouement est bien réel ! C'est une note optimiste et prometteuse.

Notons enfin la nécessité d'œuvrer pour l'application effective des résultats de la recherche agronomique et pour une politique agricole concertée et basée sur des partenariats publics-privés impliquant les divers acteurs à tous les niveaux : institutionnels et décideurs politiques, secteur privé, paysannerie, société civile, etc.

Tous ensemble, nous devons impérativement œuvrer pour une agriculture africaine intelligente, intégrée et responsable, capable de produire plus et à moindre coût, capable de préserver l'environnement grâce à l'agroécologie, l'agroforesterie, la permaculture et bien d'autres techniques, et en associant les techniques modernes aux techniques traditionnelles.

 

ALORS COMMENT FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT DES FILIERES AGRICOLES ET D’ELEVAGE EN AFRIQUE ?

 

L’agriculture et l’élevage sont redevenus une priorité pour l’Afrique et les pays africains reconnaissent son rôle clé pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir la croissance de leurs économies. Mais l’Afrique, trop dépendante des importations et des cours des marchés internationaux, a besoin de transformer le secteur en profondeur – une nécessité incontournable depuis la crise des prix alimentaires de 2008. Comment relever efficacement ce défi ?

Des progrès qui attirent le secteur privé

Ce sont plus de 60 % du total des terres arables inexploitées dans le monde se trouveraient sur le continent ; de plus, le marché africain, porté par l’urbanisation et l’émergence d’une classe moyenne, devrait représenter près d’un milliard et demi de consommateurs en 2050. Les améliorations apportées au cadre réglementaire, les efforts pour stimuler la production agricole et la mutation du système de distribution rendent enfin le secteur plus attractif.

Une avancée significative en matière d’intégration régionale et de construction d’une réglementation commerciale – combinée à des mesures de soutien à la production – permettrait de contribuer au développement du commerce intra-africain.

 

Des rendements agricoles toujours insuffisants

En effet, et malgré ces avancées, la production et les rendements agricoles africains restent largement inférieurs aux normes. L’enclavement, les fractures énergétiques, l’accès limité aux intrants, les faiblesses de l’administration du foncier, les inefficacités des marchés pénalisent son développement. Par ailleurs, l’agriculture a peu d’effet d’entrainement sur les industries de l’amont (engrais, machines) ou de l’aval (transformation). Près de 65 % de la valeur du secteur reste donc produite au niveau de la ferme, contre 10 % dans les pays industrialisés. Les acteurs de l’agro-industrie se heurtent de plus aux prix élevés des denrées de base, aux carences du système d’approvisionnement et à des réglementations parfois inadaptées. La faiblesse des infrastructures et les difficultés d’accès à des informations de marché transparentes s’ajoutent enfin au manque de capitaux et constituent d’importantes barrières à l’entrée.

 

Des pistes pour une agriculture africaine performante

Pour tirer parti de son potentiel agricole, améliorer la compétitivité et l’attractivité du secteur, l’Afrique a besoin de développer ses infrastructures de transport, de stockage et de communication. Elle doit aussi donner davantage de moyens à la recherche agricole et à la recherche agro-industrielle – souvent négligée. Elle doit, par ailleurs, veiller au développement d’une offre de services agricoles de qualité. Un meilleur accès aux intrants, à la formation professionnelle et au conseil technique peut sensiblement améliorer la productivité du secteur.

Seule une approche intégrée – combinant action publique et investissement privé – permettra de confirmer les perspectives positives de l’agriculture africaine. Des politiques agricoles concertées doivent favoriser la mobilisation des acteurs privés au service de la sécurité alimentaire ; il est temps de réinventer un partenariat public-privé efficace et équitable. Une vision que le G20, sous présidence française, a défendue auprès de la communauté internationale en 2011. Une condition pour que l’Afrique puisse bénéficier de son potentiel agricole en termes de croissance, d’emplois et de développement durable. Dans ce contexte, le rôle des institutions financières internationales est fondamental ; elles peuvent encourager l’investissement privé à tous les stades des filières agro-industrielles et promouvoir le développement d’une agriculture durable.

 

« C’est pourquoi A.D.A.P.R.A , Appuis au Développement Agricole et Piscicole Rural en Afrique, mettra tous ces moyens en œuvre afin d’aider le Agriculteurs et Futurs Agriculteurs, à rendre ou créer leurs propres exploitations viables et rentables……… »